appel a communications
 
 
Comité scientifique
Carmen Alén Garabato : Université Paul-Valéry, Montpellier
Arlette Bothorel-Witz : Université Marc Bloch, Strasbourg
Pierre Boutan : IUFM, Montpellier
Fanch Broudic : Université de Bretagne occidentale
Jacques Fusina : Université Pascale Paoli, Corte
Philippe Gardy : CNRS, Université Paul-Valéry
Christian Lagarde : Université de Perpignan Voie-Domitienne
Hervé Lieutard : Université Paul-Valéry
Philippe Martel : CNRS, Université Paul-Valéry
Xavier North : Délégué général à la langue française et aux langues de France
Bernard Oyharçabal : Université de Pau et des Pays de l’Adour
Jean Salles-Loustau : Inspecteur général
Marie-Jeanne Verny : Université Paul-Valéry

comité d’organisation
Carmen Alén-Garabato, Pierre Boutan, Gérard Gouiran, Philippe Gardy, Hervé Lieutard, Philippe Martel, Claire Torreilles, Marie-Jeanne Verny 

secrétariat du colloque
Hervé Lieutard (Herve.Lieutard@univ-montp3.fr) 
 Marie-Jeanne Verny (mjvb@wanadoo.fr).mailto:Herve.Lieutard@univ-montp3.frmailto:mjvb@wanadoo.frshapeimage_2_link_0shapeimage_2_link_1
 
L’Ecole française et les langues régionales 

	Lorsque l'Etat entreprend, au XIXe siècle, de lutter contre l'analphabétisme des classes populaires, il doit affronter — prenant la suite d'ailleurs de l'Ancien Régime et de l'Eglise de la Contre-Réforme —, un fait tout simple : les élèves que l'école reçoit ne connaissent pas, ou mal, la langue « nationale », le français. Leurs parents ne la connaissent pas davantage -souvent encore moins d'ailleurs- et il n'est même pas sûr que les instituteurs des premiers temps l'aient tellement maîtrisée eux-mêmes. La question de la langue est donc centrale dans le processus d'alphabétisation des petits Français. Pas seulement parce que c'est la langue du savoir tel que les maîtres le dispensent, mais aussi, et sans doute surtout, parce que c'est la langue de l'Etat, de ceux qui sont aux commandes de cet Etat, que c'est la langue qui doit servir de véhicule à la diffusion de l'idéologie nationale dont la France a besoin. Sans oublier qu'au-delà du mythe rassurant de l'égalité entre tous les citoyens, c'est aussi, pour reprendre l'expression de Pierre Boutan, « la langue des Messieurs », celle des maîtres du jeu social.
	Dès lors se pose une question : que faire de la langue, (des langues) que les enfants apportent avec eux à l'école ? L'interdire de séjour ? Réprimer ceux qui l'utilisent au mauvais endroit et au mauvais moment ? On pense aussitôt ici au signal, au symbole, à toutes les punitions et humiliations inventées pour bien faire comprendre au petit "patoisant" qu'il devait abandonner son "patois". Tout bien sûr ne se résume pas à cette attitude répressive, assez répandue toutefois. Certains enseignants ont essayé de concilier indispensable apprentissage du français et prise en compte de l'héritage linguistique de leurs élèves -même si c'était assurément plus facile en pays de langue romane qu'en Bretagne ou au pays basque par exemple. 
Mais jusqu'à quel point cette utilisation éventuelle du "patois" au service de l'apprentissage du français a-t-elle été pensée, linguistiquement, pédagogiquement ? 
Change-t-elle vraiment le rapport entre langue de l'école et langue de la société ambiante, quand il ne s'agit pas de la même ? 
Quel effet a pu avoir sur les enfants la façon dont leurs maîtres géraient ce rapport ? 
A l'inverse, comment apprécier l'accusation identifiant la défense des patois à une hostilité de nature politique vis-à-vis d'une langue française portant toutes les idées nouvelles ? 
Tous les défenseurs des "patois" étaient-ils inspirés par le seul désir de protéger les enfants contre une acculturation trop brutale ?
	Ces questions ne sont pas nouvelles, et elles ont suscité des travaux de valeur, dans différentes régions de France. On commencera à confronter des recherches portant sur les divers moyens mis en œuvre par l’école pour promouvoir l’usage de la langue nationale en différents points du territoire français et sur les effets directs que ces moyens ont pu avoir sur la représentation et la pratique des diverses langues de France. Cette problématique fera l'objet d'un premier colloque.
Mais on pourra aussi envisager, pour plus tard, un second niveau de questionnement, concernant cette fois-ci, au second degré en quelque sorte, les recherches qui depuis maintenant assez longtemps portent sur ce thème : entre les dénonciations indignées du "symbole", les discours tendant à démontrer que somme toute ce n'était pas si grave, sans parler de ceux qui ne se posent même pas la question, la place de la problématique de la langue dans la littérature concernant l'histoire de l'école mérite elle aussi d'être interrogée, à la lumière des idéologies qui structurent les discours qu'elle suscite.
 	Car on l'aura compris, il ne s'agit pas ici de faire le procès de l'école française, opposant procureurs et avocats tous plus éloquents les uns que les autres. Il s'agit d'analyser comment la question de la langue à/de l'école renvoie à des problématiques sociales, idéologiques, culturelles, bien plus générales.
Les propositions de communications ont été reçues par courrier électronique avant fin avril, sous la forme d’un titre et d’un résumé de 15 à 30 lignes. Elles ont été examinées par le comité scientifique entre le 30 avril et le 15 juin.
La programmation définitive du colloque a été arrêtée fin juin.
Les Actes du colloque feront l’objet d’une publication. Les intervenants sont donc priés de fournir le 13 octobre au plus tard le texte définitif de leur communication : sortie papier + disquette ou fichier joint par internet.
 
 
Crédits images (affiche) : 
Université de Laval : http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/francepolminor-cartelng_regionale.htm


Mairie de Montpellier (les trois Grâces) : http://www.montpellier.fr/PAR_TPL_IDENTIFIANT/1/ID_CARTE/8/PAG_TITLE/Montpellier+%3A+fontaine+des+trois+grâces/146-fontaines.htm

Site : mis en place par Pierre Boutan avec IWeb



http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/francepolminor-cartelng_regionale.htmhttp://www.montpellier.fr/PAR_TPL_IDENTIFIANT/1/ID_CARTE/8/PAG_TITLE/Montpellier+%3A+fontaine+des+trois+grshapeimage_5_link_0shapeimage_5_link_1